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Prendre des points de vue extérieurs / par PIERRE

 


De : ppp ggg
Envoyé : mercredi 9 septembre 2009 14:48
À : jequittemaboite@cadremploi.fr

Objet :

 

Bonjour,

Je trouve cette idée d'un site "boite à outils" pour quitter une entreprise complètement géniale !
Dans l'enthousiasme de sa découverte, je vous écris ce témoignage de mon expérience.

Après trois ans dans la même entreprise, à 30 ans, dont une année complète à vivre dans une atmosphère professionnelle déplorable due à la restructuration de l'entreprise, j'ai pris la décision de quitter le navire et d'aller voir ailleurs.


Le choix ne s'est pas fait du jour au lendemain. Je l'ai muri sur une longue période et, d'idée diffuse, la démission est devenue un projet réaliste et... réalisable. Pour ce faire, il a été nécessaire pour moi d'ôter des craintes d'abord, puis de construire un argumentaire des pour et des contre. Cet ordre n'est pas banal, et tout ceux qui après coup me parlaient de ma démission évoquaient d'abord les pour et les contre, avant de bloquer sur les craintes.


Une fois les craintes ôtées, réfléchir à sa démission s'inscrit dans un projet et avec le recul j'ai le sentiment d'avoir réalisé pour soi-même une étude d'opportunité d'un départ, soit quelque chose de très pragmatique et qui demande d'effectuer une analyse raisonnable, déconnectée d'aspects trop situés sur les affects.


La construction de ces pour et contre ne se fait pas tout seul. Dans son coin, avec sa seule jugeotte, on redonne du corps aux craintes et, surtout, on minimise les possibilités de rendre la réflexion performante. Il faut des points de vue extérieurs, et des éléments qui ne relèvent pas que de soi. Dans ce sens, je me suis peu ouvert à mon entourage, et j'ai choisi une personne ciblée dont j'étais sûr de l'impartialité, de la possibilité qu'elle m'écoute et me titille, sans me conseiller vraiment, sans m'inciter à faire un choix ou un autre, mais surtout en ayant une approche assez neutre sur le thème : partir, pourquoi pas et pourquoi, ni plus ni moins.

Parallèlement, j'ai provoqué un entretien individuel avec mon employeur, afin de connaitre ses projets pour la structure et pour moi. J'ai mis le tout à plat (mes réflexions, les échanges avec un proche, les échanges avec l'employeur), et j'ai pris ma décision.

Je suis devenu un héros, comme un article de cadremploi l'a décrit avec un humour assez juste. Personne pour oublier de féliciter mon audace, mon courage. Chacun pour regretter de ne pas partir.

Je me suis tenu discret, parce que l'entreprise vacillait dans une atmosphère détestable.
Je n'ai pas de souvenir précis de la période entre la décision prise et donnée, et le moment du départ. Peut-être est ce un moment hors norme, dont on ne sait pas garder trop de trace, tant c'est différent ?

Un an plus tard, je suis passé par plusieurs moments, tous différents. J'ai eu des moments de plaisir, des moments de doute. Je n'ai jamais regretté de partir, au contraire, même si j'ai pu regretter le confort d'être en poste, le confort de la sécurité. Aujourd'hui, je suis à nouveau en poste, mais je me sens libre par rapport au travail. Je ne craindrai pas de partir à nouveau, et parce que je m'en sens et sais capable, je profite davantage du poste sur lequel je suis, je suis plus exigeant envers moi sur ce poste et envers ce poste également. La relation avec le travail s'est équilibré : comme si en moi vie professionnelle et vie personnelle avaient des places mieux définies, plus claires.

Sans doute faut il de l'audace pour démissionner. Ou sans doute faut il simplement arriver à faire un saut qui, s'il est évident après coup, ne l'est pas sur le moment : le vrai risque, c'est de ne pas en prendre. La maxime est connu. Pourtant, une fois qu'on accepte que prendre un risque est moins risqué que de ne pas en prendre, on peut réfléchir avec prudence et se montrer prêt à prendre une décision.
J'ai jeté tout à trac.
Si cela peut nourrir le site !
Bien cordialement,
Pierre