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La lettre haineuse

Voici très exactement ce qu'il ne faut pas faire, même si on imagine la jubilation, le frisson partant des doigts et remontant vers le thorax au moment où le démissionnaire a appuyé sur le bouton qui a déversé ce seau de vomi. Ce mail a été envoyé à 50 personnes d’une grande institution financière.

Courrier reçu et traduit par le DRHache. Retrouvez ses chroniques sur Cadremploi.fr et son blog.

 

Traduction

Chers managers et collègues

Comme beaucoup d’entre vous le savent probablement, c’est aujourd’hui mon dernier jour. Mais avant de partir, je voulais vous dire à quel point j’ai pu ressentir un plaisir intense et spécifique à écrire « aujourd’hui est mon dernier jour ».

Durant la grande majorité du temps que j’ai passé ici, j’ai rêvé qu’un jour peut être je quitterai cette entreprise. En maintenant que ce rêve est devenu réalité, je voudrais que vous sachiez que cela ne serait jamais arrivé sans votre splendide absence de support. Je manque de mots pour exprimer ma reconnaissance pour toute la gratitude que vous n’avez exprimé à aucun moment.

Je voudrais tout spécialement remercier mes managers, présents et passés, mais en valorisant particulièrement Albert Durant : à l’ère de la communication, vous m’avez toujours impressionné par la qualité sans faille de votre sens de la désinformation, de votre ignorance crasse et de votre remarquable intolérance.
Albert, C’est une preuve de caractère que de reconnaître ses erreurs, et c’est également une preuve de caractère de me les attribuer systématiquement.

Pendant sept ans, vous m’avez appris bien plus que je n’aurais pu espérer, et dans la plus part des cas bien plus que je n’aurais souhaité. J’ai eu la chance de pouvoir travailler avec une palette de manager parfaitement interchangeables sur un large panel de projets parfaitement similaires - un apprentissage parfait pour faire face à la monotonie engendrée par la monotonie que génère la monotonie, dans le cadre de la monotonie.

Votre exigence a toujours été inversement proportionnelle à votre patience, mais je baigne dans un océan de satisfaction quand je relis les « conformes aux attentes » qui maculent mes revues annuelles. « Conforme aux attentes », voila le genre de commentaire qui vous renvoie chez vous content après une journée de 12 heures pour s’envoyer une demie bouteille de whisky conforme aux attentes en fumant la moitié d’un cigare conforme aux attentes. Merci Patricia !

A l’attention de la plupart de mes pairs : bien que nous ne nous soyons à peine salués dans les couloirs, j’espère que, dans le futur, nous saurons tous appliquer la même règle si nous nous croisons dans la rue : je ne t’ai pas vu.

Mais pour les quelques pèlerins à qui j’ai eu directement affaire, voici quelques mots d’adieu personnalisés :

A Jean Paul Larue, tes pleurs et tes cris dépourvus de sens ne vont pas me manquer, ni ton aptitude à te défausser de tout travail et tout blâme sur le reste du monde. Tes commentaires racistes sur Jeremiah étaient parfaitement inacceptables et je te souhaite de trouver, un jour, la force de t’en excuser.


A Monique Deleveut, partie depuis longtemps, je voudrais que vous tombiez sur un manager qui vous traite au moins aussi mal que vous nous avez traité. Je n’ai jamais passé autant de jours, de mois, d’années à travailler pour quelqu’un, et j’en regrette chaque seconde. Vous voir vous repaître de ma sueur devant votre management aura été l’une des parties les plus écœurante de mon passage dans cette boite.

A Sylvette Petit, tu devrais apprendre à la fermer, chérie, jouer les langues de vipères c’est pas bien, surtout quand on daube sur quelqu’un qui connaît tes vilains petits secrets ; ).

A Robert Maucahors, en fait j’aimerais bien que tu t’achètes une colonne vertébrale. Tu m’as jeté tout nu au milieu de la meute, et certes j’ai beaucoup appris, mais un peut trop peut être. Je n’arrive toujours pas à croire que je tu m’ai laissé prendre un blâme après n’avoir suivi que tes instructions non écrites bien sur, chapeau, comme on dit à l’armée, bien pris et merci pour la leçon.


Dominique Barret, heureux qu’on vous ait poussé dehors comme vous avez si bien su le faire avec tant de gens. Vous entendre hennir de joie l’année dernière en parlant des bonus pharamineux que vous alliez recevoir à l’étage du dessus, quand on sait qu’ils correspondaient à la réduction des coûts inhérente aux licenciements dont vous vous êtes personnellement chargé avec un plaisir visible, voila qui m’a confirmé dans l’idée que les rumeurs d’esclavagisme à l’origine de la création de notre belle société bi centenaire étaient probablement fondées.

A tous les cadres supérieurs de cette entreprise, Jacques Colon et autres.
Bien qu’ayant passé une gigantesque partie de mon temps à combattre des managers dépourvu d’éthique, de sens moral, sexistes, jaloux et congelés, j’ai bénéficié de mon expérience avec vous au-delà de mes espérances les plus folles et je tiens à vous en remercier.
A une époque, le travail et l’engagement étaient récompensés, il est regrettable que de nos jours l’entier des contributions positives soient vues pas des aveugles et entendues par des sourds.
Tout ce que je peux vous conseiller, c’est de vous rapprocher un peu de l’entreprise d’en bas, et d’aller prendre le pouls des petites gens qui vous permettent d’exister, qui se dévouent corps et âme à l’entreprise, et qui de plus vous portent un respect au moins égal au mépris que vous avez pour eux.
Allez les chercher, valorisez les vous aurez une vague chance de soigner la gangrène qui s’en est pris à cette boite, où tout département doit se couper un bras tous les six mois pour faire bonne figure.

Donc en partant, si je pouvais passer un petit message au rase motte salarial ( le contrôle des coûts, voila le secret) qui va probablement me remplacer d’une cave en inde ou au Magreb, ça serait de valoriser cette expérience car une opportunité de travail comme celle la n’arrive qu’une fois dans une vie.

Ce que je veux dire c’est que si ça devait m’arriver une seconde fois je choisirais probablement plutôt de me flinguer.

Pour ceux avec qui j’ai bien bossé, vous allez me manquer et je penserais à vous. Ne vous fatiguez pas à répondre, mon blackberry sera probablement quelque part au fond de la Seine quand vous appuierez sur la touche « envoi »

 

 

Version originale

Dear Co-Workers and Managers,

As many of you probably know, today is my last day. But before I leave, I wanted to take this opportunity to let you know what a great and distinct pleasure it has been to type "Today is my last day."

For nearly as long as I’ve worked here, I’ve hoped that I might one day leave this company. And now that this dream has become a reality, please know that I could not have reached this goal without your unending lack of support. Words cannot express my gratitude for the words of gratitude you did not express.

I would especially like to thank all of my managers both past and present but with the exception of the wonderful Albert Durant : in an age where miscommunication is all too common, you consistently impressed and inspired me with the sheer magnitude of your misinformation, ignorance and intolerance for true talent. It takes a strong man to admit his mistake - it takes a stronger man to attribute his mistake to me.

Over the past seven years, you have taught me more than I could ever ask for and, in most cases, ever did ask for. I have been fortunate enough to work with some absolutely interchangeable supervisors on a wide variety of seemingly identical projects - an invaluable lesson in overcoming daily tedium in overcoming daily tedium in overcoming daily tedium.

Your demands were high and your patience short, but I take great solace knowing that my work was, as stated on my annual review, "meets expectation." That is the type of praise that sends a man home happy after a 10 hour day, smiling his way through half a bottle of meets expectation scotch with a meets expectation cigar. Thanks Patricia !

And to most of my peers: even though we barely acknowledged each other within these office walls, I hope that in the future, should we pass on the street, you will regard me the same way as I regard you: sans eye contact.

But to those few souls with whom I’ve actually interacted, here are my personalized notes of farewell:

To Jean Paul Larue, I will not miss hearing you cry over absolutely nothing while laying blame on me and my coworkers. Your racial comments about Jeremiah were truly offensive and I hope that one day you might gain the strength to apologize to him.

To Monique Deleveut whom is long gone, I hope you find a manager that treats you as poorly as you have treated us. I worked harder for you then any manager in my career and I regret every ounce of it. Watching you take credit for my work was truly demoralizing.

To Sylvette Petit, you should learn how to keep your mouth shut sweet heart. Bad mouthing the innocent is a negative thing, especially when your talking about someone who knows your disgusting secrets. ; )

To Robert Maucahors, well, I wish you had more of a back bone. You threw me to the wolves with that witch A. and I learned all too much from it. I still can't believe that after following your instructions, I ended up getting written up, wow. Thanks for the experience buddy, lesson learned.

Dominique Barret, I'm happy that you were let go in the same manner that you have handed down to my dedicated coworkers. Hearing you on the phone last year brag about how great bonuses were going to be for you fellas in upper management because all of the lay offs made me nearly vomit. I never expected to see management benefit financially from the suffering of scores of people but then again, with this company's rooted history in the slave trade it only makes sense.

To all of the executives of this company, Jacques Colon and such. Despite working through countless managers that practiced unethical behavior, racism, sexism, jealousy and cronyism, I have benefited tremendously by working here and I truly thank you for that. There was once a time where hard work was rewarded and acknowledged, it's a pity that all of our positive output now falls on deaf ears and passes blind eyes. My advice for you is to place yourself closer to the pulse of this company and enjoy the effort and dedication of us "faceless little people" more. There are many great people that are being over worked and mistreated but yet are still loyal not to those who abuse them but to the greater mission of providing excellent customer support. Find them and embrace them as they will help battle the cancerous plague that is ravishing the moral of this company.

So, in parting, if I could pass on any word of advice to the lower salary recipient ("because it's good for the company") in India or Tampa who will soon be filling my position, it would be to cherish this experience because a job opportunity like this comes along only once in a lifetime.

Meaning: if I had to work here again in this lifetime, I would sooner kill myself.

To those who I have held a great relationship with, I will miss being your co-worker and will cherish our history together. Please don't bother responding as at this very moment I am most likely in my car doing 85 with the windows down listening to Biggie.

One!

 

 

DRHache © Cadremploi.fr - 2009

 


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