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L'entretien de démission pas à pas

On vous propose un entretien de démission ? Excellente nouvelle, vous n’êtes pas qu’un numéro. Mais attention, l’heure est au bilan et aux remerciements, pas aux règlements de comptes.

« C’est, encore aujourd’hui, une étape trop souvent négligée : les choses se font de façon précipitée ou secrète », regrette Annette Soulier, manager de l’offre efficacité professionnelle de la Cegos. Dommage, car l’entretien de démission s’avère tout aussi utile pour l’entreprise que pour le salarié qui s’en va. Pour la première, c’est notamment l’occasion de collecter des informations précieuses pour l’analyse de son turnover.

 

Très apprécié des DRH

« Pour moi, c’est un véritable benchmark, confie Sébastien Laboutade, DRH du groupe Altimate. Le salarié s’est-il vu proposer un meilleur salaire ? De meilleures conditions de travail ? Connaître les raisons d’un départ, c’est se donner l’occasion de cerner les failles de notre système. En plus, force est de constater que les salariés en disent plus à la sortie qu’à l’entrée ! » Justement, pouvoir en dire plus plutôt que trop peu entre deux portes, tel est pour vous tout l’intérêt de cet entretien.

 

Expliquer son départ

À commencer par la possibilité de bien mettre à plat ce qui motive votre démission. Car laisser les gens dans le flou, c'est laisser libre cours aux suppositions et autres fausses idées. Mais attention, jouez-la subtil : dites des choses vraies, mais ne dites pas tout. « Quelles que soient les déceptions rencontrées, mieux vaut présenter des raisons positives : opportunité intéressante, souhait de découvrir un nouvel environnement, etc. », conseille Philippe Korda [1]. Déverser votre bile sur X, même s'il vous a pourri vos journées, sera très mal vu. Cependant, si vous estimez que vous devez absolument parler d'un conflit en particulier, d'un problème de management, etc., mettez-y les formes. « J'essaie toujours d'explorer tous les aspects de la vie en entreprise, et j'attends un maximum de franchise de la part de mon interlocuteur, commente Sébastien Laboutade. Il est primordial pour moi d'être informé, a fortiori si des événements graves se sont produits ».

 

Exprimer sa joie (pas de partir, mais d'avoir travaillé ici)

Mais n'oubliez pas : votre principal objectif est de rester en bons termes. « L'entretien de démission sert aussi à assainir les relations, note Alain Labruffe [2], conseil en ingénierie des RH, il faut se quitter de façon harmonieuse, d'abord afin de ne pas se retrouver sur « la liste rouge », mais aussi pour mieux se vendre après ». Car vous le savez, lors de vos futurs entretiens, tout recruteur digne de ce nom va chercher à savoir pourquoi vous êtes parti et dans quels termes. Un coup de fil, et la question est réglée. C'est pourquoi Philippe Korda recommande de valoriser les aspects positifs de la collaboration passée : « il est judicieux d'exprimer sa satisfaction quant à l'expérience acquise dans l'entreprise et auprès du manager concerné. Et de remercier, le cas échéant, pour la confiance accordée ».

 

Demander un bilan

Après avoir mis l'accent sur tout le bonheur que vous a apporté la société, il n'est que justice de s'arrêter un moment sur tout ce que vous-même avez fait pour elle. N'hésitez pas à demander un bilan sur le travail effectué, les compétences que vous avez acquises, et celles à améliorer.

 

Aborder les questions pratiques

Vous pouvez également proposer d'aborder les questions pratiques (rétro-planning, conditions de l'annonce de votre décision au reste de l'équipe, etc.). Mais ces aspects peuvent être traités au cours d'un deuxième entretien, ce que préconise Philippe Korda : « il est préférable d'attendre au minimum un jour ou deux pour les questions pratiques et les négociations, afin que le manager ait pu prendre du recul par rapport à l'événement ».

 

Négocier le raccourcissement de son préavis

En dernier lieu viendront les négociations. Sauf qu'il n'y a pas grand-chose à négocier dans le cadre d'une démission, si ce n'est du temps. « C'est sur le préavis que porte l'essentiel des négociations en général, car 3 mois c'est long, et le salarié est attendu ailleurs », déclare Sébastien Laboutade. « Les entreprises aussi sont pressées, donc c'est relativement facile de négocier son préavis aujourd'hui », ajoute Gilles Lacour, consultant senior en évolution de carrière pour le groupe de conseil Altedia. Dans certains cas, vous pourrez négocier d'autres choses, comme le rachat de votre véhicule de fonction, ou de votre numéro de téléphone portable pro.

 

Évidemment, la pleine réussite de cet entretien suppose de bonnes relations avec votre interlocuteur. Si le courant ne passait pas avec votre N +1, demandez à le réaliser avec un représentant du service ressources humaines.

 

Priscilla Franken © Cadremploi.fr - 2009

 


[1] Réussir vos entretiens de management - 14 situations d'entretiens essentielles, Insep Consulting, 2004

[2] Entretiens du manager - Le kit minute !, éditions Afnor, 2008

 


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